Palmarès 2008

Mention "Environnement" récompensée par Veolia Environnement - 10 000 euros

Pour : "Premières domestications animales et début de l’élevage dans l’ancien monde : nouvelles données de l’archéozoologie"

Lauréats : Anne Tresset (porte-parole) – Marie Balasse – Stéphanie Bréhard – Joséphine Lesur-Gebremariam – Marjane Mashkour – Jean-Denis Vigne,
UMR 5197 « Archéozoologie, histoire des sociétés humaines et des peuplements animaux », Département « Ecologie et gestion de la biodiversité », CNRS/Museum National d’Histoire Naturelle

Résumé des travaux : Etape majeure de l’histoire de l’humanité, puisqu’elle s’est produite sur presque tous les continents à diverses périodes depuis 12 000 ans, la domestication animale a pris des formes variées selon les cultures et les environnements naturels qui l’ont vu naître. Les diffusions d’espèces domestiques dans des aires où elles n’existaient pas à l’état sauvage, consécutives aux domestications proprement dites, ont profondément affecté les écosystèmes concernés et en partie modelé les paysages dans lesquels évoluent nos sociétés actuelles. Repérer et tracer ces processus de domestication et de diffusion, en comprendre les mécanismes biologiques et anthropologiques et en évaluer les conséquences écologiques sont donc non seulement des enjeux de connaissance fondamentale, mais aussi des contributions à la compréhension des interactions entre sociétés humaines et leurs environnements, dans une perspective de protection et de gestion de la biodiversité actuelle. Utilisant les méthodes classiques de l’archéozoologie (fondées sur l’anatomie comparée), mais également des techniques plus nouvelles (analyses isotopiques, paléogénétique, morphométrie géométrique), les travaux réalisés par l’équipe lauréate ont contribué à renforcer l’idée que les diffusions de taxons domestiques, ainsi que les commensaux et parasites qui sont associés à la néolithisation, furent sans doute parmi les premières invasions biologiques dont l’homme porte la responsabilité. L’équipe a également axé une partie importante de son travail sur la mise en évidence des processus d’adaptation des espèces domestiques à de nouveaux environnements au cours des phénomènes de diffusion, en montrant par exemple comment dès la Préhistoire, nombre de contraintes zootechniques fortes (liées notamment à la physiologie de la reproduction et de l’alimentation des espèces diffusées) ont été aménagées, alors que d’autres ont continué d’être les facteurs limitants de certaines pratiques (dans le domaine de l’exploitation laitière par exemple). Enfin, l’équipe a largement contribué à documenter la mutation économique que constitue la néolithisation de l’Ancien Monde (Sud-Ouest asiatique, Europe, Afrique) en resituant les phénomènes de domestication animale, de diffusion et d’adaptation des animaux domestiques dans leur cadre social et culturel.

Télécharger la présentation faite à l’occasion de la cérémonie de remise des prix (lien mort)
Avec l’aimable autorisation de l’équipe lauréate

Pour en savoir plus : http://www2.mnhn.fr/archeozoo-archeobota/?Derniers-chasseurs-premiers

Contact : atresset(at)mnhn.fr
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Mention "Prix du ministère" récompensée par le Ministère- 10 000 euros

Pour : "Les progrès de la physique au service de la médecine : greffe de cornée automatisée par laser femtoseconde"

Lauréate : Valéria Nuzzo
Laboratoire d’Optique Appliquée (LOA), ENSTA/Ecole Polytechnique/CNRS
Laboratoire Biotechnologie, Hôpital Hôtel Dieu/Université Paris Descartes

Résumé des travaux : Environ 100.000 greffes de cornée sont réalisées annuellement dans le monde. Parmi les premières causes de greffe de cornée se situe l’?dème, du à un disfonctionnement cellulaire ; le tissu devient perméable et perd ses propriétés de transparence. Le degré d’?dème progresse très rapidement et, s’il n’est pas interrompu par une greffe, il entraîne une opacification totale de la cornée et une baisse drastique de l’acuité visuelle.
Les techniques de keratoplastie (greffe de cornée) sont classiquement pratiquées par des instruments mécaniques. Les greffes qui remplacent la cornée dans toute son épaisseur sont les plus pratiquées, cependant elles présentent des complications post-opératoires, ainsi qu’un risque de rejet. Les greffes partielles de tissu cornéen, qui peuvent contourner en partie ces problèmes, sont délicates et difficiles avec risque d’échec.
Face à ces problématiques, la technologie des lasers femtoseconde représente la seule alternative intéressante en remplacement des méthodes chirurgicales classiques. Des systèmes à but clinique sont déjà présents sur le marché, cependant leurs performances sont réduites dans le cas de traitements de cornées fortement pathologiques. Le choix des paramètres laser se fait qualitativement et cela peut donner lieu à d’importants effets secondaires.
De nature parfaitement interdisciplinaire, le travail de recherche réalisé par Valéria Nuzzo a permis d’établir un bilan très complet du potentiel et des limites de l’application de la technologie laser actuelle à la greffe de cornées pathologiques et a apporté des solutions portant sur l’optimisation de l’interaction laser-tissu. Différentes pistes possibles ont également été identifiées pour le développement d’une technologie future plus performante permettant de corriger les aberrations optiques et de réduire les effets de diffusion.
Sur la base de ces résultats, deux projets, montés en collaboration avec des équipes cliniques et des industriels, ont obtenus des subventions importantes par l’Agence Nationale de la Recherche pour poursuivre le programme de recherche en ophtalmologie, dans la greffe de cornée ainsi que dans la chirurgie du glaucome par laser femtoseconde.
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Avec l’aimable autorisation de la lauréate

Pour en savoir plus : http://loa.ensta.fr/

Contact : valeria.nuzzo(at)polytechnique.edu
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Mention "Santé humaine" récompensée par les Laboratoires Servier - 10 000 euros

Pour : "Structure et fonction des réseaux micro-vasculaires cérébraux normaux et tumoraux

Lauréats : Franck Plouraboue (porte-parole) – Peter Cloetens - Xavier Descombes – Caroline Fonta – Laurent Risser
Institut de Mécanique des Fluides, CNRS/université de Toulouse
Laboratoire Neurospin, SHFJ/CEA Saclay
Centre de recherche Cerveau et Cognition, CNRS/université de Toulouse
ESRF (European Synchrotron Radiation Facility), Grenoble

Résumé des travaux : Complexe, le réseau micro-vasculaire cérébral reste peu étudié. De très petites tailles, quelques microns de diamètre, les capillaires qui irriguent le cortex sont pourtant des éléments clés dans le développement et le fonctionnement du cerveau mais aussi dans la croissance des tumeurs cérébrales.
La nouvelle méthode d’imagerie haute résolution mise au point l’équipe lauréate dans le cadre d’un projet ANR blanc (1 142915) grâce à la micro-tomographie rayons X synchrotron de l’ESRF, a permis de reconstruire entièrement en trois dimensions la structure vasculaire d’un tissu sur plusieurs dizaines de millimètres cube.
Suite à l’obtention de ces images exceptionnelles, nous avons développé des méthodes de numérisation automatique des réseaux micro-vasculaires ont été développées et permettent leur analyse quantitative systématique.
Ces analyses montrent que la maturation vasculaire des primates entre l’age adulte et la naissance s’effectue essentiellement à l’échelle capillaire. Ainsi il est établi d’une part que les territoires vasculaires des artérioles sont relativement peu modifiés au cours de la vie, d’autre part que l’augmentation des besoins métaboliques se manifeste par une densification des capillaires à la petite échelle.
Par ailleurs, les analyses indiquent que contrairement à ce qui avait été précédemment proposé dans la littérature, les réseaux vasculaires normaux et tumoraux sont tous les deux réparties de façon fractale à petite échelle, même si les tumeurs restent toutefois fractals jusqu’à des échelles bien plus élevées. Ces résultats indiquent un lien à explorer entre l’évolution multi-échelle de la structure micro-vasculaire et la dynamique de la croissance tumorale.
Le travail récompensé propose donc de nouvelles approches quantitatives pour la caractérisation de l’évolution micro-vasculaire de tissus qui pourront s’avérer importante pour de nombreuses pathologies.

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Avec l’aimable autorisation de l’équipe lauréate

Pour en savoir plus :
www.imft.fr/
www-dsv.cea.fr/neurospin/
www.cerco.ups-tlse.fr/fr_vers/cerco_fr/index.php
www.esrf.eu/

Contact : plourab(at)imft.fr (remplacer (at) par @ merci)

  

Mention "Energie" récompensée par AREVA - 10 000 euros

Pour : "L’accélérateur Laser-Plasma : vers une miniaturisation des accélérateurs du futur"

Lauréats : Victor Malka (porte-parole) – Jérôme Faure – Erik Lefebvre,
Laboratoire d’Optique Appliquée (LOA), ENSTA/Ecole Polytechnique/CNRS
Direction des Applications Militaires, CEA

Résumé des travaux : Les accélérateurs laser-plasma permettent d’accélérer des particules sur des distances beaucoup plus courtes que dans un accélérateur de particules conventionnel. Par exemple, les électrons y atteignent des énergies de 100 MeV (soit des vitesses de 0.99999 fois la vitesse de la lumière) en un millimètre seulement. Pour atteindre de telles vitesses, les électrons sont accélérés par des champs électriques excités par un laser très intense focalisé dans un plasma (un gaz ionisé composé d’électrons et d’ions libres). Ces champs électriques, les plus intenses produits en laboratoire, permettent ainsi d’accélérer les particules très efficacement et sur de courtes distances. Cette technique atteint maintenant une certaine maturité et le contrôle des paramètres des faisceaux, l’amélioration de leur stabilité et de leur qualité permettent d’envisager avec sérénité leur utilisation. Hormis la compacité, les faisceaux d’électrons créés par laser possèdent des propriétés uniques qui les rendent utiles pour des applications dans de nombreux domaines. Les valeurs d’énergie et de courant crête permettent d’envisager d’ores et déjà l’application de ces faisceaux dans des domaines aussi variés que les sciences du vivant (radiothérapie et radiobiologie) et des sciences des matériaux (radiographie non destructive de la matière dense) et leur utilisation pour l’étude de schémas de laser à électron libre compact pour la production de faisceaux X et XUV intenses.

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Avec l’aimable autorisation de l’équipe lauréate

Pour en savoir plus : http://loa.ensta.fr/spl/index.php/index.html

Contact : victor.malka(at)ensta.fr
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Mention "Sciences de la communication et technologies de l’information" récompensée par le CNRS - 10 000 euros

Pour : "Nanostructures artificielles d’oxydes : de l’ingénierie à l’échelle atomique"

Lauréats : Céline Lichtensteiger (porte-parole) – Eric Bousquet, Matthew Dawber – Nicolas Stucki - Philippe Ghosez – Jean-Marc Triscone,
Département de Physique de la Matière Condensée, université de Genève
Département de Physique de la Matière Condensée, université de Genève

Résumé des travaux : Les oxydes ABO3 de structure pérovskite sont des composés fascinants en regard de la richesse
de leurs diagrammes de phases, de la grande diversité des propriétés qu’ils peuvent présenter et de l’intérêt que ces dernières génèrent pour des applications en micro-électronique et télécommunications.
Bien qu’inconnus du grand public, ces matériaux fonctionnels ou intelligents jouent depuis longtemps un rôle actif dans de nombreux dispositifs technologiques qui agrémentent notre quotidien. Récemment, l’avènement du “nano” et les évolutions fulgurantes tant théoriques qu’expérimentales qui y sont associées ont encore amplifié l’attrait pour cette classe de composés en posant de nouveaux défis fondamentaux et en laissant entrevoir des évolutions technologiques révolutionnaires.
Le travail de l’équipe lauréate sur ces matériaux a aboutit à la conception d’un nouveau matériau artificiel nanostructuré qui pourrait révolutionner certains dispositifs électroniques. Ce matériau, qui a la structure d’un “mille-feuilles” au sein duquel alternent des couches d’épaisseur nanométrique de deux oxydes différents (PbTiO3 et SrTiO3), possède des propriétés tout à fait uniques et radicalement différentes de celles des matériaux qui le composent pris isolément. Son comportement particulier, lié à l’apparition d’un phénomène peu connu appelé la “ferroélectricité impropre”, est une conséquence directe de sa structure artificielle en couches et résulte des interactions à l’échelle atomique aux interfaces entre les couches. A l’heure de la miniaturisation accrue des technologies, que ce soit les téléphones portables, les ordinateurs de poche ou les baladeurs vidéo, cette prouesse inaugure un tout nouveau champ de recherche et d’expérimentations scientifiques. Au-delà des applications immédiates que pourrait générer ce nanomatériau aux propriétés diélectriques inhabituelles, cette découverte révolutionne la manière de concevoir de nouvelles nanostructures d’oxydes. Elle ouvre un champ d’investigations tout à fait neuf où des matériaux fonctionnels inédits peuvent être imaginés sur la base d’un nouveau concept: l’ingénierie à l’échelle atomique de propriétés nouvelles aux interfaces.
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Avec l’aimable autorisation de l’équipe lauréate

Pour en savoir plus : http://dpmc.unige.ch/

Contact : celine.lichtensteiger(at)physics.unige.ch
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